Je l’ai fait !

Tout commence ce mardi 15 août 2017 à 5h50 quand, depuis le camping où je loge, je suis réveillé par la sono de l’organisation qui anime la foule et donne le départ de l’Embrunman longue distance à 6h00. Pas de doute, c’est le jour J, mon départ sera donné dans 2h30. Autant dire que la pression monte d’un coup et place à la préparation. Je mange une banane et deux barres de céréales, je vérifie une dernière fois le contenu de la caisse et je pense à m’hydrater. Une fois que tout est prêt, nous partons pour le parc à vélo avec Fréd.

Prêt à partir - Embrunman 2017Cette phase d’avant course, dans le parc à vélo, est un peu tendue pour moi. Benoit est là pour me briefer et me calme grâce à son expérience. Tout semble prêt. Il est temps désormais d’enfiler la combi pour aller piquer une tête dans l’eau et s’échauffer. Suivront quelques minutes d’attente pour assister de loin au départ des filles, avant de m’aligner sur la ligne de départ à mon tour.

Natation Embrunman 2017Pan ! Ça y est, le coup d’envoi vient de retentir. La natation, que je redoute le plus, commence. Je prends mes marques, j’essaye de trouver une place parmi les nageurs autour de moi. Je me mets dans un bon rythme et l’objectif est pour l’instant d’aller sur la première bouée sans trop dévier. Je me rends vite compte que la natation va être longue (j’espère faire moins de 45min). Je dois trouver de la motivation et rester concentrer. Je décide donc de travailler en étapes, une bouée, l’une après l’autre, je ne pense pas à la suite. Je me concentre sur ce gros flotteur jaune, nager droit, appliquer au mieux la technique de nage et espérer que j’avance à bonne allure. J’arrive à garder le contact avec quelques nageurs, est-ce un bon signe ? Je fini par apercevoir l’arche bleu, synonyme de sortie de l’eau, je lâche tout, j’ai mal aux bras ! Je sors finalement en 39min56, c’est mieux qu’à l’entraînement 🙂 Ouf.

Vélo Embrunman 2017Allez vite ! Le plus compliqué est passé (enfin c’est ce que je croyais), après 6min30 de transition, place au vélo. J’ai à peine le temps d’apercevoir la famille venue me supporter que je démarre comme prévu par un virage à gauche et ça monte cash ! Pas de temps de chauffer les jambes, c’est dur, ça fait mal. Sur les conseils de Benoit, je sais que ça monte comme ça pendant 7 Km, le mot d’ordre est gestion. Gérer le rythme, gérer l’effort, gérer les jambes et les sensations pour encore avoir du jus en haut de la côte du Puy-Sanières. Au bout d’une heure, je n’ai fait que 16.4 Km, c’est incroyablement long, j’ai l’impression que je n’en verrai pas le bout. Mais quand va arriver la descente vers le lac ? Je continue de gérer… Je m’en sors plutôt bien, j’aimerai aller plus vite mais j’arrive à reprendre du monde. Je reprends de moins bons grimpeurs que moi mais aussi de moins bons descendeurs. Cela me rassure et surtout me permets d’avoir le mental malgré la difficulté. Je finis le vélo en 1h54min, suivra une transition de 3min41 avant le dernier morceau : la course à pied où je suis normalement le plus à l’aise.

Course à pied Embrunman 2017Oula, les jambes sont lourdes, le début de la course à pied est compliqué, je peine à trouver un rythme. C’est là où je devrai être le plus en confiance, je dois pouvoir finir en 50min comme prévu… Je regarde la montre pour caler une allure dans ce sens. Cela ne va pas tenir longtemps. Le cœur est là mais les jambes ne veulent pas suivre. À chaque fois que je tente de reprendre l’allure, mes jambes disent non. Elles sont en pilotage automatique, je ne contrôle rien, j’avance à 5min15/km, inutile de chercher à aller plus vite. Je prends donc conscience que je ne mettrai pas 50min. Malgré cette allure en mode automatique, je remonte, je reprends quelques féminines mais aussi des mecs qui marchent ou qui sont au bout de leur effort… Je me dis que finalement le pilotage automatique a du bon et je garde le moral. Au moins j’avance. Les kilomètres passent lentement mais sûrement. Il reste 4 Km et je reste tiraillé avec l’idée que je devrai accélérer l’allure mais je n’ai plus assez de mental à ce moment-là pour me faire violence et imposer cela à mes jambes. Alors qu’il reste 2 Km, je décide au contraire de ne plus penser performance mais plaisir. Il est temps de savourer, de penser à ce pari lancé il y a un an, à la famille venue me soutenir ou qui pense à moi. C’est à ce moment-là que Benoit me rejoint pour courir un bout ensemble, il me rassure, tout va bien, je garde l’allure. Je finirai le dernier kilomètre seul, avec le sourire et la satisfaction du défi relevé. Me voilà sous le chrono pour la photo finish d’une épreuve finie en 3h41min. Je savoure.

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Merci à Fréd d’avoir lancé ce pari, il y a un an, pour ses 40 ans.
Merci à Benoit pour les conseils, le prêt de la tri-fonction, le prêt de la combi et ta présence à Embrun.
Merci à Antoine pour les conseils et le partage d’expérience durant les séances de kiné.
Merci à Fréd, Jenni et mes parents pour l’hébergement.
Merci à ma famille d’être venue spécialement à Embrun pour m’encourager et à tous ceux qui étaient là par la pensée.
Merci à mon frère et la soeur pour les photos.
Merci à Hughes, Bertrand et Eric pour le prêt de la combi.
Merci à Céline d’avoir supporté les entrainements pendant un an et accepté que je parte à Embrun quelques jours malgré les 8.5 mois de grossesse.
Et merci à tous ceux que j’aurai pu oublier ! 🙂

Une pensée pour Greg qui aurait souhaité relever ce défi avec nous. Ça sera pour la prochaine !?

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